INFERNO, l’album d’une renaissance créative
Avec INFERNO, Vyn Lorenzo signe bien plus qu’un simple album : il dévoile une œuvre pensée, construite, vécue. Originaire de l’île Maurice, l’artiste s’affirme ici comme un véritable architecte de l’art, capable de façonner un univers où la musique, la réflexion et l’émotion se rejoignent.
Entre introspection et vision, INFERNO explore la transformation, la chute et la renaissance — des thèmes universels portés par une esthétique à la fois brute et élégante.
À l’occasion de la sortie de cet album, Vyn Lorenzo accorde à Femme d’Afrique une interview exclusive. Il y évoque son parcours, la genèse du projet et cette volonté de redonner à la création sa dimension la plus noble : celle qui éveille, bouleverse et inspire.

1) Vyn Lorenzo, votre nom est désormais synonyme de prestige dans le monde de la mode. Comment cette reconnaissance a-t-elle façonné votre identité personnelle et artistique ?
La mode et l’art étaient des milieux totalement inconnus pour moi au départ. J’ai dû m’y adapter, tout en restant fidèle à mon identité et à mes valeurs. Au fil du temps, j’ai appris énormément, d’abord à travers ma carrière de mannequin, en collaborant avec de grandes maisons de couture ou des magazines influents.
J’ai toujours été curieux de ce qui se passait derrière les projecteurs. Je ne me suis jamais limité au simple statut de mannequin : dès le début, je voulais aller plus loin, comprendre les rouages de la création et m’enrichir de chaque expérience.
Artistiquement, je sais que j’ai beaucoup à apporter. Mon esprit est en constante ébullition, toujours en quête d’idées nouvelles — c’est sans doute ce côté « atypique » qui a séduit plusieurs de mes collaborations. Je n’ai jamais aimé entrer dans une case, alors j’ai créé mon propre univers, à mon image.
Sur le plan personnel, rien n’a changé. Je reste la même personne, avec les pieds sur terre. Je suis pleinement conscient de la chance que j’ai de pouvoir m’épanouir dans l’art — et pour moi, c’est une véritable bénédiction.
2) Vous avez connu les podiums, les campagnes internationales et l’effervescence des grandes capitales de la mode. Qu’est-ce que ce milieu vous a réellement appris sur vous-même ?
En toute sincérité, cette expérience m’a ouvert l’esprit — surtout sur le plan créatif. Je prends un vrai plaisir à découvrir chaque forme d’art qu’on me présente. Cela m’a aussi beaucoup assagi, parce que quand on commence à comprendre les mécanismes de cette industrie, on gagne forcément en maturité et en expérience.
Ce milieu m’a appris, dans sa globalité, que je suis un battant. Je ne m’arrête jamais, même face aux obstacles. Rien n’est jamais acquis dans la vie — il faut se battre, toujours, la tête haute.

3) Votre parcours dans la mode est impressionnant, vous avez travaillé avec des maisons de couture, des magazines et des créateurs reconnus. Pouvez-vous nous parler de ces collaborations marquantes et de ce qu’elles ont représenté pour vous, que ce soit comme mannequin ou comme directeur artistique ?
Effectivement, j’ai eu la chance de collaborer avec des personnalités remarquables, notamment des agents reconnus dans le milieu, qui m’ont toujours poussé à donner le meilleur de moi-même. Mais au-delà des visages connus, je tiens surtout à saluer toutes les personnes qu’on ne voit pas : les assistants, les chefs de projet, les équipes techniques… Ces gens de l’ombre sont incroyables et essentiels à la réussite de chaque projet.
Ma collaboration avec la maison Mihara Yasuhiro m’a particulièrement marqué. Ce créateur est un grand monsieur. Entre lui et moi, il y a vraiment eu une rencontre de cultures. C’est un homme d’une grande humilité, alors même qu’il dirige l’une des maisons de couture les plus influentes du Japon.
Son équipe m’a aussi profondément impressionné. Lors de mon dernier défilé à Paris Fashion Week, ils m’ont fait découvrir leur univers tout en s’adaptant au mien. Ils m’ont habillé, écouté, compris — c’était une vraie collaboration humaine et artistique.
Et pour la petite anecdote, après le défilé, Mihara et moi sommes allés chanter au karaoké ! Comme quoi, peu importe la notoriété, nous restons tous les mêmes dès lors qu’on garde les pieds sur terre.
C’est une expérience que j’ai énormément appréciée… et qui sait, peut-être que la prochaine aura lieu au Japon !
4) Tes créations artistiques et tes vêtements exclusifs suscitent beaucoup d’intérêt. Peux-tu nous parler des lieux où tes œuvres sont exposées et où l’on peut découvrir ou acquérir tes pièces uniques ?
Effectivement, j’ai lancé une gamme de pièces exclusives mode, art, design : des T-shirts, des vestes en cuir, des ceintures et tout ce qu’il faut pour compléter un style unique. Ce sont des créations originales, produites en très petites quantités, parfois même en exemplaire unique, ce qui les rend vraiment rares et authentiques.

D’ailleurs, comme je l’ai mentionné, la pochette est une de mes propres œuvres, actuellement exposée à la célèbre Galerie 28, située à Reims, en France. C’est une galerie prestigieuse qui présente de très grands artistes. Nous avons eu la chance de collaborer avec Monsieur François Bidard, le propriétaire de la galerie — une très belle collaboration et un véritable honneur pour moi d’être exposé aux côtés de grands noms de l’art contemporain.
5) Avec votre caractère affirmé et votre univers bien à vous, on imagine que ça n’a pas toujours été simple pour votre équipe de vous suivre. Est-ce qu’il y a eu des moments où votre créativité ou votre exigence ont un peu “bousculé” l’équilibre autour de vous ?
Oui, ça a été compliqué au début ! J’étais assez “rock’n’roll”, surtout quand on commence jeune. Il y avait beaucoup d’incompréhensions, parce que j’avais cette énergie brute, ce côté rebelle et imprévisible. J’étais un vrai rockeur dans l’âme.
Avec le temps, j’ai appris à canaliser cette énergie, à comprendre les dynamiques du milieu et à évoluer. Aujourd’hui, je me suis assagi, j’ai gagné en maturité et surtout, j’ai changé d’état d’esprit.
6) Cette évolution dont vous parlez — ce passage du “rock’n’roll” à une approche plus posée et réfléchie — est-elle ce qui vous a conduit vers la musique ? Est-ce qu’INFERNO est né justement de ce besoin de canaliser votre énergie différemment, de transformer cette fougue en art ?
Je pense surtout que j’ai toujours eu la musique en moi. C’est quelque chose qui a bercé mon enfance, un rêve que je voulais absolument réaliser un jour. Alors oui, la musique m’a permis de canaliser ce côté “rock’n’roll” que j’avais, de le transformer en véritable expression artistique.
C’est aussi pour cela que j’ai voulu mêler l’art, la mode et la musique — parce que pour moi, ces trois univers se rejoignent naturellement. Ils parlent tous de création, d’émotion et d’identité. Et c’est exactement de cette fusion qu’est né le projet INFERNO.
7) Le titre de votre album, INFERNO, évoque le feu, la passion, mais aussi quelque chose de brûlant et de destructeur. Pourquoi avoir choisi ce mot si fort ? Que représente INFERNO pour vous, sur le plan artistique mais aussi personnel ?
Mon inspiration pour cet album était très forte et très personnelle, car je l’ai réalisé seul, du début à la fin. C’était primordial pour moi : j’avais besoin de ressentir chaque mélodie, chaque battement, et de faire ressortir mes émotions à travers chaque morceau.
L’album explore toute ma palette, de la lumière aux zones plus sombres, en passant par mes souvenirs, bons comme mauvais, mais aussi mon état d’esprit et ma créativité. C’est une belle consécration : ce projet me positionne désormais dans la musique en tant que producteur et producteur exécutif, ajoutant ainsi une nouvelle corde à mon arc.
8) Vous considérez-vous plutôt comme DJ, producteur, ou les deux à la fois ? Et comment décririez-vous votre approche musicale dans chacun de ces rôles ?
Je n’ai pas vraiment de mot exact pour me définir, mais je me considère un peu comme un architecte : je construis le projet dans son ensemble.
Pour être clair, je suis avant tout producteur et producteur exécutif.
Cela dit, il m’arrive de faire des shows, mais je préfère les appeler des expériences. Je ne privilégie pas la quantité, mais la qualité : chaque performance doit être une expérience unique pour le public, où tout est pensé pour qu’ils vivent quelque chose de particulier.
9) Votre parcours dans la mode et maintenant dans la musique montre que vous aimez créer des univers complets. Comment combinez-vous la mode, la musique et l’art dans vos projets pour construire cet univers unique qui vous est propre ?
Pour moi, la création ne se limite jamais à un seul domaine. La mode, la musique et l’art sont autant de langages que je fusionne instinctivement pour bâtir un univers unique et cohérent.
Chaque détail de mes projets est pensé avec précision : les tenues, les visuels, les sonorités — tout doit raconter une histoire, refléter mon identité et captiver l’imaginaire. Je ne me contente pas de produire de la musique ou de la mode, je cherche à orchestrer une expérience totale, où chaque sens est sollicité et chaque émotion est amplifiée.
D’ailleurs, la pochette de l’album INFERNO est elle-même une œuvre d’art que j’ai peinte, un exemple parfait de la manière dont tous les langages artistiques que j’explore se rejoignent et se complètent.
Mais au-delà de l’art, je reste un entrepreneur . Chaque projet est conçu avec stratégie et vision, car pour moi,
“ le business est un art.”
10) Votre parcours n’a pas été exempt de défis et d’épreuves. Quels ont été vos anciens démons, et comment ce cheminement personnel vous a-t-il guidé dans la création de INFERNO ?
Chaque parcours a ses ombres, et le mien ne fait pas exception. J’ai dû faire face à mes anciens démons : mes doutes, mes excès, mes addictions, l’anxiété, l’angoisse… mais aussi la déception, l’abandon, une vie parfois complètement bousillée, hors de contrôle.
INFERNO est né de ce cheminement. C’est un album où j’ai mis tout ce que j’ai traversé, transformant les blessures, les excès et les moments intenses en art. Chaque morceau reflète un fragment de mon histoire, de la lumière aux zones d’ombre, avec sincérité et intensité.

Créer INFERNO était pour moi bien plus qu’un projet musical : c’était un moyen de raconter mon histoire, d’exorciser mes démons et d’offrir au public une expérience émotionnelle profonde, où chacun peut se reconnaître, se perdre et se retrouver.
11) Après avoir traversé ces périodes difficiles, comment avez-vous réussi à transformer vos expériences, vos blessures et vos émotions en force créative ? Et comment cela se reflète-t-il dans votre travail aujourd’hui, que ce soit dans la musique, la mode ou l’art visuel ?
Traverser ces périodes sombres m’a forcé à me confronter à moi-même, à mes limites et à mes vérités les plus intimes. Plutôt que de fuir mes démons, j’ai appris à les canaliser, à les transformer en énergie créative. Chaque douleur, chaque déception, chaque moment de doute est devenu une source d’inspiration, un carburant pour mes projets.
Le soutien de ma mère et de ma sœur a été essentiel dans ce parcours. Leur présence, leur confiance et leur amour inconditionnel m’ont permis de tenir, de rester concentré et de transformer mes épreuves en art.
Aujourd’hui, cette intensité se reflète dans tout ce que je crée : la musique que je compose, les visuels que je construis, les projets de mode que j’orchestré. Tout est pensé comme une expérience immersive, où le public peut ressentir cette tension entre l’ombre et la lumière, entre la fragilité et la force.
Pour moi, la créativité est un territoire mystérieux et intime, un espace où mes blessures deviennent des ponts vers l’émotion, et où chaque projet raconte une histoire à la fois sensuelle, puissante et unique.
12) Derrière un artiste complet comme vous, il y a toujours une équipe solide. Pouvez-vous nous parler du rôle de votre manager et de votre avocat, Vivek Jayaram, fondateur de Jayaram Law et reconnu pour ses clients prestigieux, dans la construction de votre carrière et de vos projets artistiques ?
Vivek Jayaram est bien plus qu’un avocat, c’est un véritable soutien dans mon parcours. Travailler avec lui m’a permis de passer un nouveau cap : je peux désormais me concentrer sur la création en sachant que chaque aspect professionnel est géré avec rigueur et expertise.
Son accompagnement renforce mon professionnalisme et m’aide à structurer ma carrière comme un véritable homme d’affaires, parallèlement à mon univers artistique. Ensemble, nous construisons non seulement des projets créatifs, mais aussi une carrière solide et stratégique, où chaque décision est pensée à long terme.
13) Pour conclure, si vous deviez laisser un héritage à travers INFERNO et tout ce que vous créez, qu’aimeriez-vous que le public retienne de Vyn Lorenzo, à la fois en tant qu’artiste, homme et businessman ?
J’aimerais que le public retienne avant tout l’authenticité et la passion que je mets dans tout ce que je fais. Que ce soit la musique, la mode ou l’art visuel, chaque projet est le reflet de qui je suis, de mes combats, de mes expériences et de ma vision.
Je veux que l’on voie qu’il est possible de transformer ses démons en force, de créer un univers unique et cohérent, tout en gardant les pieds sur terre et en construisant une carrière solide. Pour moi, être artiste et businessman ne s’oppose pas : le business est un art, et chaque décision, chaque projet, est pensé comme une œuvre.
Au final, j’espère laisser un héritage qui inspire les autres à être audacieux, à mélanger leurs passions, à dépasser leurs limites et à créer leur propre monde, sans compromis.
Je tiens également à remercier chaleureusement le magazine Femme d’Afrique ainsi que sa fondatrice, Madame Samirat NTIAZE, pour cette interview.
V. L



